Tous à la fenêtre! Un atelier d’écriture proposé par François Bon – AE

Il y a d'abord la fenêtre du présent, celle que nous voyons là, maintenant. Ce cadre de plastique blanc, cette vitre qui nous retransmet l’image vivante qu'elle devance. Je vois la façade de la maison voisine, la chambre du garçon. Je peux distinguer une échelle au centre de la pièce qui mène très certainement à son lit. Je vois ensuite la salle de bains. Etant donné sa vitre opaque, je ne peux qu’imaginer la décoration, les meubles. Peut-être ont-ils toujours leur aquarium avec leurs poissons multicolores et exotiques. Puis le salon, la pièce à vivre de la maison dont je ne peux que voir la télévision et le canapé. Quelques oiseaux attirent mon regard, ils passent en virevoltant dans les airs et vont se poser dans leur nid perché. Puis je reviens à la maison. Au salon, la télé allumée grésille et retransmet à son tour des images. Ce sont peut-être les nouvelles informations sur la suite du confinement, je vais aller me renseigner. Ensuite, la fenêtre du passé, celle qui nous ramène en enfance, celle dont on se souviendra toujours. Devant moi se trouve une vieille télévision grise, les feuilletons y défilent. Je me trouve bien au chaud dans le grand lit de mes grands-parents et sens l’odeur du petit-déjeuner qui se prépare, je devine déjà le croissant au beurre et le chocolat chaud fumant qui arriveront bientôt sur la table. Parfois j’entends le tambourinement de la pluie sur la fenêtre, parfois un grand soleil m’éblouit et parfois même je peux voir les flocons de neige tomber. Je me rappelle à quel point chaque moment passé dans cette chambre est merveilleux. Toutes ces nuits et ces réveils auprès d’eux ont bercé mon enfance et quand je pense à mon passé, c’est cela qui me vient directement à l'esprit.


Pour finir, il y a la fenêtre qui nous manque, là où on aimerait être en ce moment, ce qu'on voudrait faire et avec qui. En ces temps particuliers de confinement, je voudrais plus que tout pouvoir admirer un beau coucher de soleil doré se reflétant sur une mer calme et paisible. Je voudrais sentir le sable chaud sous mes pieds et laisser l’odeur du sel marin m’enivrer ; entendre la musique entraînante du petit bar à cocktail derrière nous. Oui, je voudrais me trouver sur une plage du Sud avec mes amis les plus chers et profiter d’une des meilleures soirées de ma vie. Rire ensemble, danser, chanter, se chamailler un peu et profiter de chaque instant qui passe comme si c’était le dernier.

© 2020 Auteurs et Gymnase Auguste Piccard