Journal de quarantaine – Nicolas Sanchez-Vignaux

De jour en jour, je me rends compte que le coronavirus, scientifiquement appelé Covid-19, représente plus qu’une menace pour notre société. En effet, je pense qu’il remet en cause tous nos fondements et tend à nous faire retourner aux choses essentielles. L’économie, comme on peut le voir depuis plusieurs jours, chute vertigineusement. Malgré cela, on continue à se baser sur elle pour nos calculs de déconfinement alors que, selon moi, nous devrions « voir plus loin ». C’est-à-dire opter pour de nouvelles structures, de nouvelles manières de fonctionner, de régir la société en revenant aux choses essentielles de la vie. C’est-à-dire la famille, le partage, l’entraide. Dans ces temps difficiles, les liens entre personnes (amis, collègues ou simples connaissances) se sont vivement renforcés. Des personnes s’impliquent pour rendre le quotidien des gens meilleur (avec par exemple des cours de yoga, de méditation, de danse, d’hypnose et d’autres) et nous voyons des groupes d’associations (surtout de jeunes) se créer pour venir en aide aux personnes âgées. Ce fort sentiment d’union et de soutien se matérialise également lors des applaudissements à 21h00, destinés à remercier le corps médical pour son assiduité, son courage et sa dévotion. À la fin de cette situation de crise, je pense que c’est avec ces principes qu’il faudrait rebâtir notre monde.

Cette pandémie nous permet également de prendre du temps pour nous, de tester de nouvelles expériences, des choses que nous n’avons en général pas le temps de faire. Elle nous permet de réfléchir et de nous rendre compte, par exemple, que finalement, notre lieu de travail n’est pas qu’un simple lieu de travail. C’est en effet l’endroit où nous recevons et échangeons des idées, des connaissances. C’est également là que nos amis/collègues nous entourent et où l’on passe une bonne partie de nos journées. C’est notre quotidien, c’est une routine, mais quand on nous l’enlève, il y a un sentiment de vide, de manque, presque de besoin.

Nous ne vivons pas isolés, seuls au monde : nous sommes faits d’une multitude de connexions aux autres qu’il est temps, plus que jamais, de renforcer.

Nicolas Sanchez-Vignaux

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