Journal de quarantaine: N’avons-nous pas tous déjà pensé à la fin du monde ? – Oriane Scheidegger

La réaction de beaucoup de gens me fait penser à cela. Nous vivons une épidémie, ce qui laisse la peur, la colère, et l’impatience prendre le dessus. Ne voulons-nous pas toujours prouver que nous vivons dans un monde civilisé ? Cette situation extraordinaire fait tomber le rideau sur la manière dont notre société fonctionne. On dirait que l’histoire est condamnée à se répéter… La population n’apprend pas grand-chose des situations difficiles. Nos grands-parents, par exemple, ou parents pour d’autres, ont vécu des événements bien plus terribles, et ne s’en plaignent pas. Ils ont appris comment réagir, comment s’adapter, comment « faire avec » … chose dont nous autres ne sommes pas capables. Les gens se ruent dans les magasins, se bousculent, s’énervent, s’arrachent les provisions des mains, et j’en passe. Je n’ai pas vraiment l’impression qu’on soit solidaires les uns avec les autres. L’épidémie me laisse plutôt voir le spectacle d’un combat animalier et féroce entre les individus.

La solution à ce problème est de rester chez soi. Ce n’est quand même pas si compliqué ! Le plus triste est que certaines personnes se donnent vraiment la peine de faire les choses bien et qu’il suffit que de quelques personnes qui ne font pas les choses correctement pour que tout le bien obtenu s’annule immédiatement. Ce n’est pas être solidaire.

Lors de cette épidémie, le comportement de l’individu face à l’inconnu est plutôt intéressant. Lorsque les gens apprennent qu’une maladie plus ou moins grave est présente, ils ont tous l’impression de l’avoir. Certains surchargent les hôpitaux alors qui n’ont qu’un rhume et, à l’inverse, certains se mettent en danger et mettent en danger les autres en attendant trop et en se disant que ce n’est rien, que ce n’est qu’un rhume. Savoir trouver le juste milieu devient compliqué.


C’est normal que cette épidémie crée de la peur mais il ne faut pas se laisse abattre. Je suis très admirative des parents qui s’occupent de leurs enfants, de la maison, et de leur travail durant cette période extraordinaire. Nous, étudiants, nous avons simplement à nous organiser et faire ce que l’on nous dit de faire. Nos parents, eux, doivent se débrouiller tout seuls afin de penser à tout. Cela n’est facile pour personne, mais nos parents et le corps médical m’impressionnent. Aidons-les à rester forts.


Beaucoup ont peur de la mort et de ce qu’il pourrait arriver s’ils attrapaient le virus. La mort n’est pas quelque chose qui me fait peur, mais elle m’intrigue. Lors de cette période de crise, je me dis qu’il vaut mieux en rire que s’en soucier. On a déjà assez de choses à penser sans se préoccuper de ce qui pourrait potentiellement arriver dans un futur plus ou moins proche. On ne sait pas de quoi est faite la vie mais je suis d’avis que si l’on fait les choses bien, qu’on se donne de la peine, qu’on respecte nos valeurs et nos proches, la vie devrait bien nous le rendre. Et si ce n’est pas le cas, je nommerai cela simplement la fatalité.

« On ne choisit pas ce qui nous arrive, mais on choisit ce qu’on en fait. »

Une phrase dit que la vie ce n’est pas d’attendre que l’orage passe, mais d’apprendre à danser sous la pluie. Lors de cette crise, on devrait plus souvent se dire ça. Se poser, s’organiser, se dire qu’on a du temps pour nous, du temps avec nos proches alors que d’autres rêveraient d’être avec leur famille, que mieux on fait les choses indiquées, plus vite on pourra reprendre le cours de notre vie. Je trouve que c’est une belle leçon de vie. On ne sait jamais quand l’orage nous tombe dessus, tout peut s’arrêter d’un seul coup, sans prévenir, et c’est ça la réalité de la vie. On aura beau tout prévoir, il suffit d’un événement pour que tout change. Et c’est cela aussi qui fait la magie de la vie, ce serait beaucoup trop ennuyeux si tout était programmé à l’avance.

Oriane Scheidegger

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