Journal de quarantaine – Marion

Comme c’est le cas pour n’importe quelle situation, nous nous rendons compte de son importance une fois que celle-ci est terminée et passée. Un recul nécessaire qui donne les clés pour un « décryptage » sensé. Aujourd’hui et depuis bien longtemps, l’humain regarde en face les limites de son champ d’action et réalise les failles d’une société, d’un système d’apparence insubmersibles. L’humain se sent puissant et capable d’agir face aux situations qu’il créée lui-même (guerres, conflits, révolution, etc.) mais il ne peut agir contre la source dont il est issu : la nature. Comme un enfant qui se fait gronder par sa mère, nous vivons ici une vraie leçon d’humilité. On ne peut pas tout contrôler, nous sommes simplement des êtres qui font le mieux possible avec ce qu’ils ont et ce qu’ils sont.

Je reviens quelques semaines en arrière, quand – persuadée de l’invulnérabilité du système économique, social et sanitaire – je riais jaune face à l’hypothétique impact que pouvait avoir ce virus lointain sur notre société. Condescendance occidentale. On parlait de ce virus comme un phénomène curieux, exactement comme si on avait découvert une nouvelle espèce de méduse, un peu dangereuse certes, « mais si elle reste dans ses eaux profondes, ça va ».

Marion

© 2020 Auteurs et Gymnase Auguste Piccard