Journal de quarantaine

Nous faisons face à quelque chose de nouveau ; nous devons nous adapter à la situation actuelle. Nos relations sociales sont perturbées, notre mode de vie transformé. Nous devons nous montrer solidaires et respecter les mesures de sécurité. Ces règles de sécurité impliquent une distance sociale ainsi qu’un regroupement de maximum cinq personnes. Mais ces consignes posent problème. En effet, il nous est difficile de ne plus pouvoir communiquer, échanger avec nos proches. Certains se retrouvent seuls chez eux, face à un isolement insoutenable. La difficulté ressentie à ne plus pouvoir socialiser montre à quel point l’homme a besoin des autres pour sa survie. J’ai donc constaté qu’une notion revenait souvent depuis le début du confinement : la solitude. Pourquoi rester seul est-il un problème ?

L’homme est un être social : se retrouver seul est donc insoutenable. Mais la solitude se révèle vraiment néfaste pour l’homme lorsqu’elle n’est pas voulue : elle nous coupe de nos interactions sociales. Ces relations sont vitales car nous développons des liens affectifs. Ces liens créent un échange, une communication. L’un des facteurs de la dépression est le manque de communication. Lorsque cette solitude non-voulue apparaît, un mécanisme psychologique motive notre cerveau à rechercher des connexions sociales. La solitude détruit aussi le sentiment de bien-être, elle nous fait douter. Suis-je assez bien pour les autres ? Nous avons vu en cours de psychologie que l’homme a besoin d’appartenir à un groupe. Ce groupe lui permet de lui développer une identité, de pouvoir l’exprimer et également d’être reconnu par quelqu’un. Lors de la préhistoire, les hommes de Neandertal ont survécu car ils chassaient et vivaient en groupe. La « théorie de l’attachement » confirme le besoin d’autrui.

Mais si la solitude est souvent mal perçue et vue négativement par l’homme, elle peut toutefois se révéler bénéfique. Lorsqu’elle est choisie et voulue, elle est enrichissante. Elle permet surtout de se ressourcer, se recentrer sur soi-même et se retrouver. Les gens profitent de ces moments de calme pour s’apaiser et se relaxer. Cela peut permettre d’oublier ces problèmes de la vie courante. La vie professionnelle peut être source de stress. Pour remédier à cette nervosité, des cours de yoga sont proposés ou par exemple, des cours de méditation. Ces cours permettent d’évader l’esprit et d’oublier notre rythme de vie intenable. Vivre dans une ville bruyante où la foule grouille, parfois des moments de repos et de silence ne sont pas à négliger. C’est pour cela que beaucoup de gens prennent du temps pour eux, pour pouvoir s’échapper et souffler. Rester seul permet surtout à l’adolescent de trouver son identité.

La solitude est agréable à vivre si l’individu sait qu’elle est temporaire. Cela rassure de savoir qu’elle n’est pas éternelle. Or, dans cette situation de confinement que nous vivons actuellement, nous ne savons pas exactement quand nous pourrons sortir de cette solitude non-voulue. Selon une étude réalisée par les scientifiques de l’Université de Buffalo (dans l’état de New-York), il est dit la solitude baisse le niveau de stress ainsi que le risque de dépression. Cela semble étrange car, pour certains, solitude rime avec dépression. Pourtant, ils ont réussi à prouver que l’on échappait à la dépression grâce à la créativité qui est provoquée par notre solitude. La créativité se présente lorsque l’on prend du temps pour soi. Ce processus booste notre santé mentale, réduit le stress et améliore l’efficacité du cerveau qui produira la quantité nécessaire de dopamine.

© 2020 Auteurs et Gymnase Auguste Piccard